Babette admire beaucoup sa grande soeur, alors quand elle ne lui dit pas, elle écrit un petit poème sur tout ce qu'elle aime

lettre à ma soeur

Ma cuisine des mots,

Par moment, a des rôts.

Le dictionnaire est mon ami,

Pour des synonymes à l’infini.

 

Mon papier se noircit,

D’arabesques étourdies.

L’encre fait des taches,

Ma  feuille, je l’arrache.

 

Une ribambelle de termes en avalanche,

Je compte mes lettres et je planche.

A l’assaut de l’écriture d’un triolet,

J’ai l’espoir de fixer aux montagnes un piolet

 

Tout en  mixant  les quatrains de mon pantoum,

Je me gave de quelques loukoums

Au secours, Apollinaire, je prends des kilogrammes

En disposant graphiquement mon calligramme.

 

Ne me demande pas de chanter une pastourelle

Il me faudra séduire un intellectuel

Au cimetière, lira-t-on sur mon épitaphe :

« Ici gît, l’apprentie calligraphe ».

 

Pourquoi faire comme les japonais ?

Molière, dans le cosmos, est détrôné

Ce poème au  nom barbare dit haïku

Est encore plus difficile qu’un sudoku. 

 

En  petite sœur, j’écris des heures

Avec cœur, pour être à la hauteur.

La technique, pas facile à maîtriser

Quand mes pensées sont embrouillées.

 

Signé : Babette, ta petite sœur