la liseuse

(Image du tableau de Fragonard empruntée sur le net)

 

Assise tout près de l’âtre et je l’admire,

La lueur d’une bougie éclaire son visage

En lisant tranquillement comme une enfant sage,

Elle ne bouge pas, superbe statue de cire.

 

Ses jolies lèvres dessinent quelques sourires

En tournant dans un geste délicat les pages,

Et aux vues de cette demoiselle sans âge,

Tous les écrivains doivent jalouser Shakespeare.

 

Rien dans la maison ne lui fait lever les yeux

De son recueil racontant l’histoir’ d’amoureux,

Celle du couple de Roméo et Juliette.

La larme brille dans son regard d’ingénue,

Sur la fin tragique de la tendre amourette,

Laissant la liseuse dans un émoi déçu.